UN COUVRE-FEU PEUT CALMER LA RUE. IL NE RÈGLE PAS UNE CRISE DE CONFIANCE.
Après mon message d’hier, la réaction d’un investisseur étranger installé à Maurice m’a profondément interpellé. Il dit vouloir faire de notre pays son foyer, y investir et contribuer positivement à la société. Mais il rappelle aussi une vérité simple : pour construire son avenir dans un pays, il faut avoir confiance dans sa stabilité, dans son leadership et dans sa direction.
Aujourd’hui, cette confiance vacille.
Le gouvernement britannique a actualisé ses conseils aux voyageurs pour Maurice après les manifestations et troubles récents. Il demande à ses ressortissants d’éviter les rassemblements, de rester vigilants et de suivre les instructions des autorités. Pour un pays qui dépend de son image, de son tourisme et de la confiance des investisseurs, ce signal ne peut pas être minimisé. Voir l’avis officiel du gouvernement britannique.
Le couvre-feu a pu contenir temporairement la situation. Mais les tensions observées avant et autour de cette mesure montrent une chose : on peut calmer la rue pendant quelques heures, on ne peut pas étouffer les causes profondes de la colère.
Je condamne sans ambiguïté les incendies, les destructions, les violences et tout acte criminel. L’ordre public doit être rétabli et la loi doit s’appliquer. Mais gouverner ne consiste pas seulement à envoyer la police, fermer les routes ou imposer un couvre-feu.
Gouverner, c’est aussi entendre. Comprendre. Anticiper. Rassurer. Agir.
Le coût de la vie, l’eau, l’insécurité, la drogue, les inquiétudes de la jeunesse, le sentiment d’injustice, le favoritisme et la perte de confiance ne disparaissent pas avec un communiqué ou une nuit de couvre-feu.
La crise est désormais plus qu’une crise sociale. Elle devient une crise de confiance, d’image et de crédibilité nationale.
Quand des citoyens ne se sentent plus entendus, quand des investisseurs s’interrogent, quand des gouvernements étrangers alertent leurs ressortissants et quand la réponse politique reste essentiellement sécuritaire, il faut avoir le courage de regarder la réalité en face.
Un gouvernement qui n’arrive plus à rassurer son peuple, à restaurer durablement la confiance et à apporter des réponses aux causes profondes de la crise doit en tirer les conséquences.
Je le dis avec gravité : le gouvernement doit démissionner.
Non pas pour ajouter le chaos au chaos, mais pour permettre au pays de retrouver une direction, de restaurer la confiance et de redonner la parole au peuple.
Maurice ne peut pas continuer à s’enfoncer pendant que l’on traite chaque crise comme un incendie à éteindre. Il faut maintenant sauver le pays avant que la crise sociale ne devienne une crise nationale durable.