Dave Kissoondoyal Mauritius Security Updates VIE CHÈRE, EAU, INSÉCURITÉ, DROGUE : QUI EXPLOITE LA COLÈRE DU PEUPLE ?

VIE CHÈRE, EAU, INSÉCURITÉ, DROGUE : QUI EXPLOITE LA COLÈRE DU PEUPLE ?

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Montage illustratif sur la vie chère, la crise de l'eau, l'insécurité et la drogue à Maurice

Depuis le début de cette crise, ma position n’a pas changé.

Je condamne fermement la violence, les pillages et les destructions. Mais je refuse tout autant que l’on ferme les yeux sur les raisons profondes de la colère qui traverse notre pays : la vie chère, la crise de l’eau, l’insécurité, la drogue, les difficultés des familles et le sentiment d’abandon d’une partie de notre jeunesse.

Aujourd’hui, une accusation extrêmement grave circule : des réseaux de trafiquants de drogue auraient financé ou manipulé certains groupes pour alimenter les violences et déstabiliser le pays.

Si ces accusations sont fondées, alors l’État doit aller jusqu’au bout.

Seize mineurs figurent parmi les personnes arrêtées selon le dernier bilan communiqué. Mais au-delà de leur responsabilité individuelle, une question mérite d’être posée : certains de ces jeunes ont-ils été manipulés, recrutés ou rémunérés ? Et si oui, par qui ?

Il ne suffit pas d’arrêter ceux qui sont dans la rue. Il faut rechercher les éventuels commanditaires, suivre les circuits financiers, identifier les réseaux et poursuivre tous ceux qui auraient organisé ou financé ces actes.

Mais attention à ne pas transformer les trafiquants de drogue en explication commode de toute la crise.

Ils n’ont pas créé la crise de l’eau. Ils n’ont pas créé la vie chère. Ils n’ont pas créé les difficultés quotidiennes des familles. Ils n’ont pas créé le malaise social. Et ils n’ont pas créé l’émotion et la colère suscitées par le drame d’Élodie.

Ils ont peut-être, en revanche, cherché à exploiter cette colère à leurs propres fins.

Et c’est précisément là que le danger devient plus grave.

Si des réseaux criminels peuvent instrumentaliser les frustrations sociales, entraîner des jeunes dans la violence et défier les institutions pour protéger leurs intérêts, alors nous sommes confrontés à une menace qui dépasse largement les troubles à l’ordre public.

Le gouvernement doit donc répondre à deux urgences, sans en sacrifier une au profit de l’autre.

D’une part, établir la vérité, suivre l’argent, identifier les responsables et démanteler les réseaux criminels, avec des preuves et dans le respect de l’État de droit.

D’autre part, s’attaquer enfin aux problèmes qui fragilisent notre société et nourrissent la défiance envers les institutions.

Car on ne protège pas durablement un pays uniquement avec des couvre-feux, des arrestations et des lois plus sévères. On le protège aussi en garantissant l’accès à l’eau, en combattant la drogue, en assurant la sécurité des familles et en redonnant des perspectives à notre jeunesse.

La violence doit cesser. Les véritables commanditaires, s’ils existent, doivent répondre de leurs actes. Mais la souffrance du peuple doit aussi être entendue.

Parce que rétablir l’ordre ne suffira jamais si l’on ne rétablit pas aussi la confiance.

Dave Kissoondoyal

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