À MAURICE, LA DIGNITÉ HUMAINE NE DEVRAIT JAMAIS DÉPENDRE DE L’ADRESSE OÙ L’ON HABITE.

Il y a des images qui devraient nous empêcher de dormir tranquillement.
Dans notre île Maurice, que nous aimons tant et dont nous sommes si fiers, des familles vivent encore dans des conditions que nous ne devrions plus accepter en 2026.
Des habitations précaires, des toitures en tôle, des parents qui se battent chaque jour pour offrir un minimum de confort à leurs enfants. Et parfois, cette question toute simple : aurons-nous suffisamment d’eau pour les besoins de la famille aujourd’hui ?
Pendant que nous parlons de développement économique, de grands projets et de modernisation, certaines familles continuent à attendre ce qui devrait constituer le minimum dans une société qui se veut juste : un logement décent, de l’eau, de l’électricité et la possibilité d’élever leurs enfants dans la dignité.
Ce n’est pas une question de couleur politique. Ce n’est pas non plus une question de communauté, de religion ou d’origine sociale. C’est avant tout une question d’humanité.
Les chiffres officiels nous rappellent que ces situations existent réellement. À Coteau Raffin, les autorités ont récemment reconnu que 41 familles, dont la situation foncière a été régularisée, vivaient encore sans accès aux services essentiels, notamment l’eau courante et l’électricité.
Quarante et une familles. Derrière ce chiffre, il y a des êtres humains, des parents, des enfants, des rêves et des inquiétudes.
Je reconnais les efforts entrepris pour améliorer leur situation. Mais nous devons aussi nous poser une question : pourquoi faut-il encore attendre que ces réalités deviennent visibles pour que des solutions soient recherchées ?
Ayant eu l’honneur de présider Save the Children Mauritius dans les années 1990, j’ai appris une chose que je n’ai jamais oubliée : la pauvreté ne se mesure pas uniquement à ce qu’une famille possède. Elle se mesure aussi aux possibilités dont ses enfants sont privés.
Un enfant ne choisit ni sa famille, ni son lieu de naissance, ni les conditions dans lesquelles il grandit. Pourtant, ces circonstances peuvent déterminer une grande partie de son avenir.
Je ne souhaite pas que nous regardions ces familles avec pitié. Elles n’ont pas besoin de notre pitié. Elles ont droit à notre respect, à notre solidarité et à des politiques publiques qui leur permettent de vivre dignement.
Nous devons établir des priorités claires, identifier les familles vivant dans des conditions indignes, coordonner les interventions des institutions concernées et rendre compte publiquement des progrès réalisés.
Et surtout, nous devons écouter les personnes concernées. Personne ne connaît mieux leurs difficultés que celles et ceux qui les vivent quotidiennement.
Je refuse de croire qu’un pays comme Maurice, avec ses compétences, ses ressources et son histoire de solidarité, ne puisse pas garantir progressivement à chaque famille les conditions essentielles d’une vie digne.
Le véritable développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à la hauteur de ses bâtiments, mais à la manière dont il traite ses citoyens les plus vulnérables.
Et je terminerai par cette conviction qui m’accompagne depuis de nombreuses années :
La dignité humaine n’est pas une faveur que l’État accorde. C’est une exigence que toute société juste doit respecter.
Dave Kissoondoyal
Sources : Government Information Service ; Statistics Mauritius.
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